Suite

Suite

Je trouve qu'il serait dommage de laisser moisir ce court texte.
Même s'il ne fera pas parti de ma fanfic, je tiens à vous le faire partager.


Trois coups secs furent donnés à la porte d'entrée. Clarice lança un regard inquiet à Hannibal.
La jeune femme s'apprêtait à lui demander s'il attendait quelqu'un lorsque l'homme lui fit signe de se taire et se prépara à accueillir leur mystérieux invité.

Tout en tachant de paraitre le plus naturel possible, le docteur Lecter ouvrit la porte. La conversation qu'il eut avec l'inconnu fut brève. Bientôt, il était revenu auprès de Starling.

- Quelqu'un a envoyé un bien mauvais comédien faire du repérage. D'ici quelques minutes, ils seront ici. Je vais devoir m'en aller Clarice - il employa un ton plus ferme - sans vous. Je vais vous assommer. Inconsciente, vous apparaîtrez aux yeux de ces idiots comme ma victime. Ils vous auront sauvé. Leur ego leur fera oublier de s'interroger sur votre cas.

- Il en est hors de question. Je viens avec vous, répliqua Clarice.

- Vous me ralentiriez. De plus, rester ensemble augmenterait nos chances de voir notre petit secret révélé. Agent du FBI ou pas, vous n'avez pas tenté de m'arrêter quand j'ai tué le pharmacien. Complice d'un meurtrier, vous auriez droit à un aller simple à l'ombre. Est-ce vraiment cela que vous désirez Starling ?
La jeune femme ne répondit pas. Subjuguée par la peur, elle se jeta dans les bras de Lecter. Il eut un mouvement de recul.

- Ne rendez pas les choses plus difficiles, dit-il en brandissant un objet que son interlocutrice n'eut pas le temps d'identifier. La jeune femme tomba lourdement sur le sol, les paupières closes. Après lui avoir lancé un dernier regard, le docteur Lecter quitta les lieux. Satisfait d'avoir conservé ses effets personnels les plus importants sur lui, il prit un raccourci qui le mena dans une ruelle sombre. Il y emprunta une voiture ancienne mais qui se révéla très nerveuse, afin de regagner le plus rapidement possible son refuge de secours.

Hannibal roula plus de deux-cent kilomètres sans s'arrêter. Il repensa au regard pleins de reproches que lui avait lancé Clarice. Sans doute s'était-elle sentit abandonné par son plus fidèle partenaire. Car au fond c'est ce qu'ils étaient: des partenaires s'aidant l'un l'autre en dépit de leurs idéaux respectifs. L'homme tenait de se convaincre de la véracité de cette réflexion, en vain.

Enfin il stoppa sa course à l'entrée d'une petite ville. Laissant les clés dans la voiture, les fenêtres soigneusement baissées, Hannibal quitta le véhicule et entreprit une longue marche qui l'entraîna dans les profondeurs d'une foret que peu fréquentaient. Autrefois, cette dernière était parcourue par de multiples boy scouts mais désormais elle était quelque peu abandonnée, rendue à sa mère: la nature. Seule une cabane rudimentaire n'était pas née du bon désir de cette dernière. L'homme était passé par là, l'homme avait tué pour apposer sa croix.

L'homme pénétra dans la cabane. Il ne s'attarda pas sur l'aménagement de sa seconde résidence, elle ne lui serait utile que cette nuit, le temps qu'il élabore un nouveau plan. Jamais il n'aurait pu imaginé qu'on vienne le chercher dans une si petite ville mais visiblement, il était suivi de près. Il ignorait qui était son poursuivant mais lui accordait une certaine estime. La partie s'annonçait intéressante.

Ses faux papiers d'identité posés sur une table, rongée par le temps et les termites, Hannibal traçait dans son esprit son futur périple. Il retournerait en Italie.



PS: La véritable suite sera en ligne jeudi au grand maximum.


Montage par Burning Hearts

# Posté le mardi 03 juin 2008 19:54

Part V

Part V

- Alors vous ne m'en voulez pas ?

- A vous ? Non. C'est l'agent du FBI qui a parlé. Actuellement, vous êtes la femme au lourd passé, irrésistiblement attachée à ma personne.

- La vanité causera votre perte docteur... Vous ne m'aurez pas avec vos belles paroles. Je ne suis pas encore dupe.

- Dans un sens oui, vous ne l'êtes pas. Mais vous n'êtes pas encore assez forte pour me repousser quand il le faudrait.

Clarice arqua un sourcil, toisant Hannibal du regard comme pour tenter de lire dans ses pensées. Mais l'esprit du cannibale lui était désormais fermé et elle n'eut droit qu'à un simple baiser furtif mais qui lui fut plus que plaisant tant il était inconsciemment attendu. Les joues de la jeune femme s'empourprèrent, comme prise de remords de ne pas avoir eu un mouvement de recul. Lecter la regarda, l'oeil pétillant avant de lui demander de la suivre dans la salle à manger où tous deux prendraient un repas concocté par Hannibal lui-même.

Paradoxalement, il est cannibale et adore cuisiner songea Clarice tandis que le docteur Lecter l'invitait à s'asseoir, tenant la chaise de Clarice comme un parfait gentleman se devait de faire au cours d'un repas avec un femme ravissante. Après que son invitée soit installée, Hannibal retourna à la cuisine chercher quelques amuse-gueules. Il s'assit en face de la jeune femme. Cinq minutes s'écoulèrent sans qu'aucun ne parle ou ne fasse le moindre geste. Le regard de Starling était horrifié.

- Auriez-vous un problème Clarice ?

- Qu'est-ce que c'est au juste ? demanda t-elle en désignant les amuse-gueules.

- De simples brochettes de viande parsemées de curry.

- Quel genre de viande ?

Hannibal comprit enfin où Clarice voulait en venir. Il se racla la gorge avant de prendre la parole.

- La consommation de chair humaine bouleverse le statut ontologique, elle gomme d'un trait l'ancienne individualité, il n'y a plus de retour possible à l'innocence. De plus, elle est la cause de nombreuses maladies. Croyez-vous sincèrement que j'imposerais cela à une convive... que j'apprécie ?

La précision était compréhensible quand on sait dans quels estomacs a fini ce piètre musicien, il y a de cela de nombreuses années... quand Hannibal était encore traqué par Will Graham.

- Pardonnez-moi docteur...

- D'avoir penser que je ne saurais m'en passer au cours d'un repas ? demanda t-il, plus à titre de provocation qu'autre chose. Ceci n'est pas de la chair humaine mais de l'agneau, Clarice. Et ceux-là vous ne les entendrez pas hurler. Bon appétit.

Clarice esquissa un sourire et tous deux entamèrent le repas. Quand tous les plats furent terminés, ils quittèrent la table, l'estomac pleins et le coeur apaise.

Assis dans un fauteuil, le New York Times entre les mains, Hannibal toisait du regard Clarice qui regardait par la fenêtre. Celle-ci avait le regard perdu. A quoi pensait-elle ? Ca on ne le saura sans doute jamais. Même Hannibal ne parvint pas à s'immiscer dans son esprit. Tout ce dont il était sur c'est que jamais l'agent du FBI n'avait été aussi peu présente depuis que tous deux se connaissaient. La jeune femme redevenait peu à peu elle-même, se détachant de tous ces codes imposés par la FBI.

- Ma proposition concernant le piano tiens toujours vous savez. A moins que vous ne désiriez aller vous reposer, dit le docteur Lecter en faisant semblant de s'intéresser à son journal.

Clarice sursauta.

- Navré de vous avoir fait quitter si précipitamment vos pensées mais je n'aurais pas pu supporter une seconde de plus le spectacle insoutenable qui s'offrait à moi.

La jeune femme était revenue à elle. A présent, elle fronçait les sourcils.

- Vous êtes terriblement belle Clarice même si vous ne vous en rendez pas compte.

Gênée, Starling décida de changer de sujet avant que la conversation ne s'aventure en eaux trop dangereuses. Plus que tout, elle ne voulait pas perdre pied même si elle savait en pénétrant dans cette maison que l'homme était désormais maître de la situation.

- Va pour le piano docteur Lecter.

Elle vint s'installer dans le fauteuil. Hannibal, lui, alla s'installer devant son piano, caressant les touches de ce dernier comme s'il avait s'agit d'un animal. Les yeux rivés sur son instrument, il dit d'une voix distraite:

- Venez à mes cotés Clarice. Il serait ridicule pour vous de n'être que spectatrice.

Vouée à ne pas contrarier son hôte, l'agent Starling se leva et alla s'asseoir aux cotés du docteur. Le petit banc pouvait simplement les accueillir tous les deux. Elle lui lança un regard interrogateur, tenant de sonder l'homme mais ce dernier restait impénétrable.

- Fermez les yeux je vous prie.

La jeune femme s'exécuta. Hannibal prit alors les mains dans les siennes. Son invitée frissonna.

- Sentez comme elles sont semblables - dit-il en lui caressant paumes et doigts - et pourtant nos instruments ne sont pas les mêmes.

Il fit se poser les mains de la jeune femme sur le clavier.

- Chacun de nous peut produire des notes mélodieuses.

Il la fit appuyer sur une touche.

- Mais chacun peut également voir ses mains salies comme lorsque vous avez tiré sur Evelda Drumgo ou comme toutes ces fois où j'ai tué de... comment dites vous déjà ? Ah oui j'y suis: pauvres innocents. Et chacun de ces actes a été mal interprété n'est-ce pas Clarice ?

Starling ouvrit les yeux et le regarda.

- Que voulez-vous dire par là docteur ?

- Que nous avons tous commis des crimes dont nous seul connaissons la signification. Seule une oreille attentive pourrait comprendre vos regrets d'avoir simplement obéit à l'instinct de survie. Moi j'évince ceux que j'estime néfastes pour le genre humain. Non Clarice vous n'avez plus les mains d'une simple flic, vous avez imposé votre propre justice. Peut-on vraiment concilier FBI et idées propres ? J'en doute fort. Maintenant laissez-moi vous donner une petite leçon.

Hannibal prit de nouveau les mains de la jeune femme dans les siennes pour la guider. Au bout d'une heure, tous deux se quittèrent après qu' Hannibal eut déposé un dernier baiser sur la main gauche de son hôte.

# Posté le mercredi 04 juin 2008 17:44

Part VI

Part VI

Clarice se glissa sous des draps délicieusement parfumés de jasmin. Perdue, elle laissa son esprit errer en des contrées dangereuses.

Dix années s'étaient écoulées depuis sa rencontre avec Hannibal Lecter et la relation qu'ils entretenaient avait toujours été plus qu'ambiguë. Après un premier contact des plus glacials ou le docteur avait mis en évidence le fait que Starling revenait de loin, ces deux êtres qui étaient pourtant aux antipodes l'un de l'autre, étaient plus liés qu'ils n'auraient jamais pu l'imaginer. C'était d'ailleurs sur ce point qu'avait voulu jouer Mason Verger afin de capturer enfin celui qui avait livré les lambeaux de son visage à des chiens affamés. En voyant Hannibal, kidnappé par les hommes de Mason, Starling avait agit sans réfléchir, tombant dans l'illégalité pour venir au secours d'un énième agneau en danger.

Clarice avait toujours gardé la tête froide afin de se faire respecter de la gentes masculine. Comment ne pas se souvenir de cet air digne qu'elle gardait malgré les monstruosités qu'elle entendait à son sujet ? Starlingétait l'incarnation parfaite de la femme moderne: belle mais surtout intelligente, pouvant rivaliser avec les hommes dans de nombreux domaines. Elle n'avait pas besoin de la protection de l'un d'eux, elle était indépendante... et pourtant son inconscient la ramenait toujours à la même personne: Hannibal. Peut-être qu'avec lui, elle deviendrait véritablement libre ? Mais la notion de bien et de mal était bien trop conforme chez Clarice pour se résigner à suivre la voie que lui indiquait son coeur. Elle était tiraillée par ses propres sentiments et la venue de Lecter dans sa chambre n'arrangea en aucun cas les choses.

Tel un danseur, Hannibal s'avança délicatement dans la pièce, ne désirant sans doute pas réveiller son invitée. Il balaya la pièce du regard et s'empara d'une chaise ancienne qu'il vint placer auprès du lit, lui offrant ainsi un bel angle de vue sur le visage de Clarice Starling. Le sommeil lui conférait des vertues angéliques. L'homme du se retenir de ne pas se lever pour passer ses doigts dans la chevelure de sa belle... Ce simple geste lui remémorait bien trop de choses et il voulait conserver cet acte pour plus tard... si Clarice voulait... si Clarice acceptait de tomber les armes... si Clarice l'aimait.

Hannibal Lecter qui ne ressentait ni remords ni regrets, s'était un jour remémorer son douloureux passé, en particulier la mort de sa jeune soeur Mischa et sa rencontre avec Dame Murasaki, la seule femme qu'il avait profondément aimé. Il en avait déduit que malgré son statut de criminel, homme il restait, et qu'il pouvait très bien être de nouveau troublé par la gentes féminine. Ce trouble, il le ressentait depuis longtemps, en particulier depuis que Starling du porter sur ses épaules l'échec d'une mission dont elle n'était pas entièrement responsable. La photo de cette dernière posée sur son piano à queue, l'homme avait passé de longs moments à reprendre les morceaux des compositeurs qu'il appréciait, espérant inconsciemment que la main de Clarice viendrait se poser sur son épaule.

Le corps jusqu'alors inerte de Clarice, se mit à bouger. Starling rêvait. L'une de ses mains vint se poser sur l'oreiller voisin, faisant ainsi profiter pleinement la jeune femme du lit confortable dans lequel elle s'était recroquevillé trop longtemps, telle un animal désirant se cacher des autres. Elle se sentait en sécurité pour la première fois depuis longtemps.

Troublé par la scène, Hannibal s'avança à pas feutrés et vint s'asseoir sur le lit, contemplant la jeune femme d'un regard mélant avidité et tendresse. Quiconque aurait vu l'homme, ne l'aurait sans aucun doute pas reconnu tant son comportement était différent. Clarice ouvrit alors la bouche délicatement et dit d'un ton doucereux.

- Hannibal...

L'homme, pris au dépourvu, se demanda alors si cette dernière avait remarqué sa présence ou si elle était toujours plongée dans un profond sommeil. Il approcha son visage de celui de Clarice, si près qu'il pouvait à présent se délecter de du parfum émanant du corps délicat de sa belle: la rose, une rose sur le point d'éclore. Hannibal assistait là à une bien belle métamorphose.

- Merci d'avoir mis un terme à mes doutes.

Il s'écarta alors d'elle pour quitter la pièce après avoir lancé à la jeune femme un dernier regard.

Lorsqu'elle s'éveilla enfin quelques heures plus tard, Clarice se sentit plus légère que la veille, comme si la nuit l'avait soulagé d'un poids. C'est alors qu'elle découvrit une rose rouge, déposée sur l'autre oreiller. Perplexe, elle prit la fleur entre ses doigts et la contempla. Une larme roula sur sa joue, larme qu'elle chassa immédiatement avant d'aller se préparer dans la salle de bains.

La garde-robe qu'avait mis à disposition le docteur Lecter était fournie et correspondait plus ou moins aux goûts de la jeune femme, bien que la jeune femme n'eut que seulement imaginé porter un jour du Gucci. Clarice fut touchée par le geste mais opta pour une tenue simple et confortable. Elle aviserait après.

Aviser ? Tu es agent du FBI, mince ! Tu dois arrêter cet homme.


Elle retrouva l'interessé à la cuisine. L'homme préparait ce qui devait être leur petit déjeuner. Il ne semblait pas l'avoir vu, ce qui offrit tout le loisir à la jeune femme d'observer l'homme. Bien qu'étant désormais d'âge mur, l'homme avait conservé de beaux atouts. La tenue sobre qu'il avait adopté ne lui enlevait rien de son charme. Le regard pesant de Starling informa Hannibal de sa présence. Il lâcha son ustensile de cuisine et se retourna pour faire face à son invitée.

- Bonjour Clarice.

- Bonjour docteur Lecter.

- Je suis étonné de vous trouver éveillée si tot. J'avais espéré pouvoir vous regarder lorsque vous auriez mangé dans votre chambre. Mais le cadre de cette pièce me plait tout autant. Veuillez vous asseoir.

Il invita la jeune femme à aller s'installer à la table tandis qu'il amenait leur petit-déjeuner. Assis face à elle, il la contemplait de son regard azur ce qui troubla quelque peu notre pauvre Clarice qui fit tomber sa tasse de café, que lui avait donné l'homme quelques instants auparavant. Élégamment, il se leva et vint ramasser les débris, sans quitter l'agent du FBI des yeux.

- Je n'imaginais pas que vous ne parviendriez plus un jour à masquer votre trouble.

Il entreprit ensuite de nettoyer les autres tandis que la jeune femme tendait de garder son sang froid.

- Je ne vois pas en quoi ma maladresse aurait rapport avec un trouble issu de votre imagination, docteur.

- Hum je vois... la morale, encore et toujours. Votre inconscient est plus coopératif que vous ma chère Starling.

- Que voulez-vous dire ? demanda Clarice horrifiée.

- Si vous le voulez bien, je vais me laver les mains. Nous reprendrons ensuite notre conversation.

Sur ces mots, l'homme quitta la pièce et s'amusa à rejoindre la salle de bains située le plus loin possible de la cuisine. Torturer les méninges de Clarice était une véritable partie de plaisirs, d'autant qu'en l'espace d'une nuit Hannibal avait trouvé de nombreuses pièces du puzzle qu'était la nature de leur relation.

Lorsqu'il revint dans la cuisine, Clarice lui lança un regard désireux de connaître le fin mot de l'histoire. Les quelques minutes de séparation lui avaient permis d'inventer un nombre incroyable de scénarios, tous plus invraisemblables les uns que les autres. Starling priait de simplement avoir une imagination très fertile tandis que Lecter reprenait place à la table et s'emparait d'un croissant. Il avait misé sur un petit-déjeuner typiquement français pour délier la langue de son invitée. Il s'appliqua à déguster l'aliment avec délicatesse. Clarice ne put tenir une seconde de plus.

- Docteur, par pitié répondez à ma question.

- Mais je n'éprouve pas de pitié Clarice, dit-il d'un air malicieux tout en passant une serviette sur ses lèvres. Il reposa le morceau de tissu sur la table.

- S'il vous plaît, implora Starling.

- Bien puisque vous y tenez tant... - il s'éclaircit la voix - A chacune de nos rencontres, une question me vient à l'esprit et j'aimerais que nous jouions cartes sur table pour une fois si vous le voulez bien. Désirez-vous véritablement m'arrêter ou tentez-vous seulement de vous en convaincre ? Ne me poursuivez-vous que dans un but professionnel agent Starling ? J'ai longtemps douté mais cette nuit m'a conforté dans l'idée que ce n'est pas le cas.

Face au regard effrayé de Clarice, il rajouta d'un ton exaspéré:

- Non je n'ai pas attenté à votre intimité si c'est la question que vous vous posez.

La jeune femme détourna la regard confuse.

- Pardonnez-moi docteur mais vos propos sont ambigus. Pour une fois, je vous en conjure, ne passez pas par quatre chemins et dites-moi ce qui s'est passé.

- Lorsque vous dormez Clarice, vous prenez les apparences d'un ange. Un ange blessé certes mais cela n'enlève rien de votre charme. Vous voir dormir est plaisant et je dois admettre que vous entendre prononcer mon prénom dans votre sommeil l'est tout autant. Mais comprenez bien que je ne peux pas rester de marbre face à cela. Vous me troublez Clarice.

- Votre prénom ? demanda Clarice, passablement effarée. Voir ses songes hantés par l'homme était déjà une chose en soi, mais jamais la femme n'aurait imaginé l'appeler par son prénom ou le tutoyer. Cela aurait été trop intime sans aucun doute.

- Oui. Alors ma question sera simple: Éprouvez une quelconque attirance envers ma personne ?

- Mon rôle est de vous livrer sain et sauf aux autorités, rien de plus docteur. Navrée de vous décevoir.

Répondit Clarice d'un ton qui se voulait ferme. La jeune femme ne semblait toutefois pas persuadée de la véracité des propos qu'elle avançait, ce que l'homme sentit immédiatement. Il se leva alors et fit semblant de s'intéresser à la vue qu'offrait la fenêtre de la cuisine, trop fier pour montrer sa déception. Il était dos à Clarice, les mains dans les poches, le visage fermé, laissant sa vulnérabilité s'échapper.

- Je croyais que vous deviendriez un jour vous-même mais je constate que j'ai toujours affaire à l'ombre de Clarice Starling.

Il se retourna brusquement. Son regard était inquiétait, emprunt de rage, de folie. Mais il se contenta d'avancer doucement vers son interlocutrice qui sentit la frayeur monter en elle. Si jamais celui-ci devenait menaçant elle s'emparerait de son 45 automatique à canon court, subtilement dissimulé aux yeux du docteur.

- Peut-être terminez-vous secrétaire avec un peu de chance, lança t-il d'un ton cinglant.

- Je vous interdis de...

- Et moi je vous interdis de me mentir. Pensez-vous que la situation m'enchante Clarice ? J'aurais pris bien moins de risques si je m'étais contenté de vous tuer. Vous êtes la seule qui soit capable de me contrer, m'enfuir aurait été un jeu d'enfant. Alors je vous repose la question une dernière fois: Éprouvez une quelconque attirance envers ma personne ? Seriez-vous prête à laisser votre passé derrière vous et à construire sous une nouvelle identité, avec moi ? Je vous laisse une heure pour trouver la réponse.

# Posté le samedi 21 juin 2008 11:56

Modifié le samedi 01 novembre 2008 18:06

Part VII

Part VII

- Pourquoi une heure ?

- Parce que nous avons passé trop de temps ensemble pour relater nos souvenirs communs en quelques secondes mais que notre passé se rejoint en encore trop peu de points pour en parler de longues heures. J'aimerais tant combler le vide régnant dans cette pièce qui vous est consacrée. Mais sans doute préféreriez-vous demeurer une femme libre, libre de se lever le matin pour faire un travail qui a perdu de son prestige à ses yeux avec l'expérience. Votre quotidien est tout tracé. Seules les affaires qui vous sont confiées mettent de la fantaisie de votre vie. Et encore, voyez comme certaines vous poursuivent...

Il esquissa un sourire tandis que Clarice elle, sentait son cerveau fumer et son coeur battre à tout rompre. Hannibal avait toujours eu le don de révéler au grand jour des vérités que les autres tentaient par tous les moyens de cacher à ses yeux. Mais son regard était perçant et venait à bout des plus grands imposteurs y compris de Starling.

- Docteur...

Hannibal qui lui avait déjà tourné le dos, fit volte-face.

- Clarice ?

- Mon rêve reflète un désir inconscient n'est-ce pas ?

- Freud vous répondrait que oui s'il était encore de ce monde. Le rêve accomplit un désir refoulé. C'est la figurabilité : la transformation d'une idée en image.

- Alors emmenez-moi avec vous.

Hannibal fut déconcerté par la réponse de la jeune femme. Sur ses gardes, il demanda:

- Êtes-vous certaine que c'est ce que vous voulez ?

Pour toute réponse, Clarice s'avança vers lui, la mine à la fois décidée et effrayée par ce qui adviendrait. Elle avait repoussé inlassablement l'échéance depuis l'évasion du docteur Lecter. Le temps était venu pour elle de faire ce choix qui changerait à jamais son existence.

- On dit de vous que vous êtes un monstre mais vous avez toujours été plus respectueux et attentif que la plupart des hommes que j'ai rencontré. Mon passé, vous l'avez décortiqué comme personne ne l'avait fait. Sans doute partageons-nous certaines choses par notre statut d'orphelin. Mais vous avez surtout risqué votre vie pour sauver la mienne à plusieurs reprises alors que mon unique but était de vous mettre derrière les barreaux. Mais même enfermé, vous êtes plus libre que je ne le serais jamais. Même vivante je demeurais morte de l'intérieur parce que votre présence me manquait. Nos chemins se rencontrent de nouveau et je ne tiens pas à vous courir éternellement après docteur Lecter. Emmenez-moi avec vous. Ramenez-moi à la vie.

Une larme roula sur la joue de l'ex agent Starling. L'homme prit la jeune femme dans ses bras et Starling craqua. Les larmes coulèrent à flot. Toutes ces émotions accumulées avaient eu raison de Clarice. Attendri par sa belle, Hannibal passa sa main valide dans les cheveux de la jeune femme avant de la faire se reculer afin que leurs regards soient plantés l'un dans l'autre.

- Vous ne pouvez pas savoir à quel point...

Mais l'homme fut coupé par Clarice qui, sans crier garde, lui donna un tendre baiser qu'il prolongea avec plaisir. Lorsque leurs lèvres avides se quittèrent, un sourire indescriptible naquit tant chez Clarice que chez Hannibal.

- Le partenariat s'annonce intéressant, dit l'homme.

- Nommez les choses telles qu'elles sont, docteur.

- Soit. Mais Hannibal serait plus approprié... Clarice, fit-il remarquer d'un air malicieux.

Les joues de Clarice s'empourprèrent légèrement. La géne se sentait dans l'intonation de sa voix.

- Pardonne-moi Hannibal, l'habitude sans doute.

- Nous en aurons d'autres à l'avenir ne t'en fais, répondit l'homme, le regard pétillant et l'âme en paix.

Leurs confessions formaient un diamant à l'état brut. Sa rencontre avec Clarice à Baltimore avait fait basculer sa vie. L'alchimie s'était créée au fil des longues conversations qu'ils avaient eu et chaque moment passé dans sa cellule, dépourvue de vue sur le monde extérieur, était hanté par le doux visage de Clarice Starling. Hannibal avait rarement éprouvé un tel amour pour un membre du genre humain. Le véritable emprisonnement aurait été de le séparer à jamais de Starling.

# Posté le samedi 19 juillet 2008 07:13

Modifié le jeudi 04 septembre 2008 12:45

La tag: art ou vandalisme ?

La tag: art ou vandalisme ?
Jouer sur les mots, c'est tout un art...


J'ai été taguée par la webmiss de julianne-moore

1) Je suis une personne passionnée qui défendra jusqu'à la mort les personnes que j'admire et les causes qui me touchent.
2) J'ai une affection certaine pour les antihéros et les personnages innocents voire un peu naïfs. Hannibal est le number one.
3) Je m'adonne régulièrement à l' écriture depuis l'âge de 14 ans, suite à une déception. Mes écrits sont souvent sombres et sentimentaux.
4) Bien que je n'en fasse pas, je ne pourrais pas vivre sans musique.
5) J'aime taquiner à outrance les personnes que j'apprécie.
6) Je suis purement et simplement amoureuse d'AqME, un groupe français qui a plus de valeur à mes yeux que n'importe quel autre.


Je tague à mon tour:
0rely & Lutin


PS: C'est moi ou Tony a des allures d'empereur sur cette photo ?

# Posté le samedi 19 juillet 2008 19:26

Modifié le jeudi 04 septembre 2008 12:48